La grossesse et la sclérose en plaques (SEP) soulèvent de nombreuses questions chez les femmes concernées. Entre inquiétudes sur l’impact de la maladie et espoirs liés aux changements hormonaux, ce sujet reste fascinant et complexe.
Des études montrent que la grossesse, loin d’aggraver la SEP, pourrait avoir un effet protecteur, notamment en réduisant la fréquence des poussées, surtout au troisième trimestre. Pourtant, des zones d’ombre subsistent, notamment après l’accouchement où un risque de rebond est possible.
Dans cet article, plongeons au cœur des liens entre grossesse et SEP, en explorant les effets, les mécanismes hormonaux et les précautions à prendre pour vivre cette période en toute sérénité.
La fertilité et sep

La question de la fertilité chez les femmes atteintes de la sclérose en plaques (SEP) a longtemps fait débat, mais aucune preuve ne montre d’effet direct de cette maladie sur les fonctions ou la morphologie du système reproductif. Plusieurs études suggèrent cependant que le taux de fécondation est légèrement inférieur chez ces patientes comparées à la population générale. Cette différence semble liée à des facteurs multifactoriels tels que les traitements de fond nécessitant une planification stricte de la grossesse ou encore les limitations physiques et cognitives parfois induites par la maladie.
Il a été établi qu’il n’existe aucun lien entre la SEP et une augmentation des risques de prématurité ou d’avortements spontanés. Les défis en matière de procréation ne sont donc pas directement imputables à la maladie elle-même, mais plutôt aux contraintes et ajustements qu’elle impose. La programmation médicale joue en effet un rôle significatif lorsqu’il s’agit de réduire les impacts possibles de certains traitements sur la fertilité et d’assurer une grossesse sans complications majeures.
Influence de la grossesse sur la sep

Protection ou risques pendant la grossesse
La grossesse est souvent assimilée à un état protecteur pour les femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP). Durant cette période, les données montrent une diminution significative de l’activité inflammatoire, notamment grâce au rôle des hormones sexuelles. Cet effet devient particulièrement notable au cours du troisième trimestre, lorsque les niveaux hormonaux atteignent leur pic. Cependant, cette protection est temporaire, car le risque d’une augmentation des poussées peut se manifester après la naissance, surtout chez les patientes ayant connu une activité élevée de la maladie avant la grossesse.
Grossesse et poussées de sep
Une étude multinationale portant sur 254 patientes atteintes de SEP a identifié une tendance claire : les poussées sont moins fréquentes pendant la grossesse, en particulier à partir du sixième mois. Cette réduction pourrait atteindre 70 % durant le troisième trimestre. Ce phénomène résulte probablement de la modulation du système immunitaire, qui se met en retrait pour protéger le fœtus. En revanche, dans les trois mois suivant l’accouchement, un pic d’activité inflammatoire est souvent observé, probablement dû à la chute brutale des taux hormonaux. Toutefois, sur le long terme, la grossesse n’accélère pas l’aggravation de la maladie, selon les recherches disponibles.
Les traitements durant la grossesse
La prise en charge des traitements durant la grossesse repose sur une évaluation précise des risques et bénéfices pour la mère et l’enfant. L’objectif est d’éviter toute complication liée à la sclérose en plaques (SEP) tout en préservant le bon déroulement de la grossesse.
Arrêt ou modification des traitements de fond
Certains traitements de fond utilisés dans la SEP présentent des risques pour le développement du fœtus, notamment au premier trimestre, période où des effets tératogènes peuvent survenir. Les médicaments immunosuppresseurs, par exemple, nécessitent un arrêt anticipé de trois à six mois avant la conception afin de minimiser les dangers. En revanche, pour les formes de SEP très actives, des alternatives mieux tolérées peuvent être envisagées sous surveillance médicale stricte. Cette stratégie permet de limiter les risques de poussées tout en s’assurant que la grossesse soit compatible avec le traitement retenu.
Les corticoïdes en cas de poussées
Lorsqu’une poussée de SEP se manifeste durant la grossesse, un traitement par corticoïdes peut s’avérer nécessaire pour en atténuer les symptômes. Ces traitements, souvent administrés par injection ou par voie orale, sont considérés comme sûrs pour une utilisation ponctuelle. Les bénéfices, comme la réduction rapide de l’inflammation, surpassent les risques éventuels pour le fœtus, surtout quand les doses restent contrôlées. Une hospitalisation de courte durée peut être recommandée pour accompagner le traitement et surveiller l’évolution de la patiente.
Accouchement et allaitement
Dispositions particulières pour l’accouchement
L’accouchement pour les patientes atteintes de sclérose en plaques (SEP) peut se dérouler normalement par voie basse, si les conditions obstétriques le permettent. L’anesthésie péridurale, fréquemment utilisée, ne présente pas de risque supplémentaire de poussée ni d’aggravation du handicap. Cependant, les médecins doivent être informés de l’état de santé afin d’éviter un travail prolongé ou des positions inconfortables et d’assurer une surveillance adaptée en cas d’antécédents neurologiques. La surveillance post-partum reste essentielle, car environ un tiers des patientes pourraient connaître des poussées après l’accouchement, particulièrement celles ayant eu une forte activité de la maladie avant ou pendant la grossesse.
Peut-on allaiter avec la sep ?
L’allaitement est tout à fait envisageable pour les femmes atteintes de SEP, sous réserve de la compatibilité des traitements avec la lactation. Les études n’ont pas démontré d’influence négative de l’allaitement maternel sur l’évolution de la maladie. Au contraire, il pourrait même réduire temporairement le risque de poussées post-partum. Si un traitement médical est nécessaire après l’accouchement, certaines options thérapeutiques peuvent être ajustées pour permettre l’allaitement, assurant ainsi à la fois la santé de la mère et le bien-être du nouveau-né. Une concertation médicale dès le suivi de grossesse est donc recommandée.
Prévention et soins après l’accouchement
Après l’accouchement, les patientes atteintes de SEP nécessitent une surveillance adaptée pour prévenir les complications possibles et assurer une récupération optimale.
Gestion du risque de poussées post-accouchement
Les poussées post-partum concernent environ un tiers des patientes dans les trois premiers mois suivant l’accouchement, période où la chute des niveaux hormonaux peut influencer l’activité de la maladie. Le risque est plus marqué chez celles ayant présenté des poussées avant ou pendant la grossesse. Diverses mesures préventives peuvent être appliquées selon le profil médical de la patiente, incluant l’administration d’hormones sexuelles, de corticoïdes par perfusion, ou d’injections d’immunoglobulines. Ces stratégies, combinées à un suivi rapproché, se révèlent efficaces pour limiter les conséquences de ces poussées.
Reprise du traitement de fond
La réintroduction d’un traitement de fond doit s’appuyer sur une analyse approfondie de l’état de santé. La priorité est de concilier le contrôle de l’activité de la SEP tout en préservant la santé du nouveau-né. Les traitements compatibles avec l’allaitement, le cas échéant, peuvent être envisagés. Bien que l’efficacité clinique soit primordiale, le choix du protocole dépend également de l’intensité de l’activité post-partum et du traitement précédemment utilisé. La collaboration entre neurologues et gynécologues s’avère essentielle pour optimiser les résultats et éviter les éventuelles complications.
Foire aux questions
La grossesse protège-t-elle contre la sclérose en plaques (sep) ?
Pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre, l’activité inflammatoire de la SEP diminue, ce qui peut réduire les poussées jusqu’à 70 %. Cet effet protecteur est cependant temporaire, avec un risque accru de rebond après l’accouchement.
La sclérose en plaques affecte-t-elle la fertilité ?
Non, la SEP n’affecte pas directement la fertilité. Cependant, certains traitements ou symptômes liés à la maladie peuvent rendre la conception plus difficile. Une planification médicale est essentielle pour maximiser les chances de grossesse.
Les traitements pour la sep sont-ils sûrs pendant la grossesse ?
Certains traitements peuvent présenter des risques pour le fœtus, surtout au premier trimestre. Il est souvent nécessaire d’arrêter ou d’adapter les traitements avant la conception en concertation avec un neurologue.
Une femme avec une sep peut-elle accoucher par voie basse ?
Oui, l’accouchement par voie basse est possible si les conditions obstétriques le permettent. L’anesthésie péridurale est sans danger pour les femmes atteintes de SEP.
Allaiter est-il conseillé avec une sep ?
L’allaitement est possible et parfois encouragé. Il n’augmente pas le risque de poussées post-partum et peut même offrir une protection temporaire. Les traitements doivent toutefois être compatibles avec l’allaitement.
Que faire en cas de poussée de sep pendant la grossesse ?
En cas de poussée durant la grossesse, un traitement par corticoïdes peut être envisagé, sous surveillance médicale. Ce traitement est généralement sans risque pour le fœtus en cas d’utilisation ponctuelle.
Quel est le risque de poussées après l’accouchement ?
Environ un tiers des femmes atteintes de SEP subissent une poussée dans les trois mois suivant l’accouchement. Une surveillance post-partum rapprochée est essentielle pour gérer ces risques.
La sep augmente-t-elle les risques de complications pendant la grossesse ?
Aucune augmentation significative des risques de prématurité ou d’avortements spontanés n’est liée à la SEP. Une gestion médicale adaptée réduit les risques de complications.
Quels rôles jouent les hormones pendant la grossesse avec une sep ?
Les changements hormonaux pendant la grossesse, notamment l’augmentation des œstrogènes, réduisent l’inflammation et l’activité de la SEP, offrant une période de « protection naturelle ».
Quand reprendre un traitement de fond après l’accouchement ?
Le traitement de fond peut être repris après l’accouchement, en prenant en compte le risque de poussées, les besoins de la mère et la compatibilité avec l’allaitement. Un suivi médical est nécessaire.